Résilience des communes : anticiper pour mieux protéger les territoires
Les communes doivent aujourd’hui se préparer à des risques de plus en plus diversifiés: inondations, fortes chaleurs, sécheresses, mais aussi perturbations des réseaux, cyberattaques ou situations d’urgence. À l’occasion des Journées nationales de la résilience, Lea Jemming, Chef d’unité au sein du service Mobilité, Développement urbain et Infrastructures de transport, et Charles Olinger, Chargé d’études senior au sein de l’unité Gestion intelligente des flux de trafic chez Schroeder & Associés, partagent leur vision d’une résilience qui se construit par la connaissance du territoire, la conception des projets et l’anticipation des risques.
La résilience commence par une bonne connaissance du territoire
La résilience territoriale est souvent associée aux conséquences du changement climatique. Pourtant, pour une commune, la question est plus large : comment continuer à fonctionner lorsqu’un événement vient perturber le territoire, ses infrastructures ou ses services ?
« La première étape consiste à comprendre les vulnérabilités propres à chaque territoire. Toutes les communes ne sont pas exposées aux mêmes risques et toutes n’ont pas les mêmes infrastructures, les mêmes réseaux ou les mêmes contraintes », explique Lea Jemming. Cette connaissance permet d’identifier les points sensibles, de hiérarchiser les risques et surtout d’agir avant qu’un événement ne survienne.
La résilience se construit ainsi dans les choix d’aménagement, mais aussi dans la capacité à anticiper les interactions entre les différentes composantes d’un territoire. « Lorsqu’une infrastructure devient temporairement indisponible, les conséquences peuvent rapidement dépasser le point initial de l’incident. Comprendre les flux et les interdépendances permet d’anticiper ces effets en cascade », souligne Charles Olinger.
Des projets conçus pour s’adapter aux évolutions du climat
L’adaptation au changement climatique constitue l’un des volets majeurs de la résilience. Inondations, sécheresses et canicules imposent de repenser la manière dont les bâtiments, les infrastructures et les espaces publics sont conçus.
La gestion des eaux pluviales, la désimperméabilisation des sols, la végétalisation ou encore le choix d’espèces adaptées permettent notamment de réduire le ruissellement, de favoriser l’infiltration et de limiter les effets des fortes chaleurs. Ces principes sont déjà à l’œuvre dans plusieurs projets accompagnés par Schroeder & Associés.
À Senningen, le projet de Shared Space illustre ainsi l’intérêt de la désimperméabilisation des surfaces de voirie et de stationnement pour favoriser l’absorption des précipitations et renforcer la résilience du territoire.
À Colmar-Berg, l’extension et la transformation de l’école fondamentale et de la maison relais ont dû composer avec un autre enjeu : la proximité de l’Attert et le caractère inondable du site. La nouvelle construction, montée sur pilotis et en passerelle, permet à l’eau de circuler en cas de crue sans aggraver les effets de celle-ci. L’espace situé sous la passerelle accueille par ailleurs une aire de jeux ombragée et participe à la rétention des eaux de pluie.
La même logique se retrouve dans l’accompagnement des communes. Dans le cadre du Pacte Climat, Schroeder & Associés a notamment mis à jour le concept d’adaptation au changement climatique de Bettembourg et accompagné Kopstal dans l’obtention de sa certification « Adaptation au changement climatique ».
La résilience passe également par la transformation des espaces publics. À Mertzig, Bertrange, Strassen et Sandweiler, plusieurs projets de réaménagement de cours d’écoles, de places et de parcs publics accompagnés par Schroeder & Associés ont été distingués dans le cadre de l’appel à projets « Méi Natur an eise Stied an Dierfer ». Désimperméabilisation, plantation d’arbres et infiltration naturelle des eaux de pluie contribuent à créer des espaces plus résilients et plus agréables à vivre.
« La résilience se construit dans les choix d’aménagement. Il ne s’agit plus seulement de répondre à un risque une fois qu’il est identifié, mais de concevoir des espaces et des infrastructures capables d’évoluer avec leur environnement », explique Lea Jemming.
Mais les risques dépassent
largement le climat
Si l’adaptation climatique constitue un enjeu essentiel, elle ne représente qu’une partie de la résilience d’un territoire.
« Une commune peut être préparée à une inondation et rester vulnérable à une interruption de réseau, une cyberattaque, un accident ou une perturbation majeure des flux. La résilience demande donc de regarder le territoire dans son ensemble », rappelle Charles Olinger. Une commune doit pouvoir envisager des situations très diverses : interruption d’une infrastructure critique, panne d’un réseau essentiel, incident industriel, alerte à la bombe, accident majeur, cyberattaque, perturbation des transports ou événement nécessitant une mobilisation rapide des services.
Ces risques peuvent en outre se combiner. Une voirie coupée peut modifier les flux de circulation, ralentir l’intervention des secours et reporter le trafic sur d’autres axes. Une panne de réseau peut affecter simultanément plusieurs équipements ou services. « La question n’est pas seulement de savoir ce qui se passe lorsqu’une infrastructure devient indisponible, mais aussi quelles seront les conséquences sur le reste du système et quelles alternatives peuvent être activées », insiste-t-il.
Cette approche systémique permet de passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.
Le Plan Local de Résilience : un cadre national pour préparer les communes
Dans le cadre de sa Stratégie nationale de résilience « Lëtz Prepare », le ministère des Affaires intérieures a publié en novembre 2025 un guide destiné à aider les communes et les syndicats communaux à élaborer leur Plan Local de Résilience (PLR). Cette démarche vise à renforcer leur préparation face aux situations exceptionnelles, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, de cyberattaques ou de perturbations des services essentiels.
Le PLR permet notamment d’identifier les principaux risques auxquels un territoire est exposé, d’analyser ses vulnérabilités, de recenser les infrastructures et services critiques, de comprendre leurs interdépendances et de définir les mesures nécessaires pour mieux anticiper les crises et en limiter les conséquences. « L’objectif d’un Plan Local de Résilience n’est pas de produire un document supplémentaire. Il doit donner à la commune une vision claire de ses vulnérabilités et surtout une feuille de route pour agir, avec des priorités adaptées à son territoire », explique Lea Jemming.
Le PLR permet notamment de croiser des risques qui sont souvent analysés séparément : risques naturels, infrastructures, mobilité, réseaux, équipements publics, continuité des services ou encore situations d’urgence. « Une même infrastructure peut être critique dans plusieurs scénarios. À l’inverse, une mesure mise en place pour répondre à un risque peut parfois avoir un impact sur un autre. Croiser ces différents scénarios permet de mieux prioriser les actions », souligne Charles Olinger.
L’expertise de Schroeder & Associés
au service des communes
La mise en œuvre d’une démarche de résilience nécessite une connaissance approfondie de chaque territoire. Chaque commune possède ses propres caractéristiques géographiques, ses infrastructures, ses réseaux, ses flux, ses équipements et ses vulnérabilités. L’analyse de ces spécificités permet de définir des mesures adaptées aux réalités locales.
Dans ce cadre, Schroeder & Associés accompagne les communes dans l’élaboration de leur Plan Local de Résilience, depuis l’identification des risques et l’analyse des vulnérabilités jusqu’à la définition et la priorisation des mesures à mettre en œuvre.
Cette démarche peut s’appuyer sur l’analyse des infrastructures et des réseaux, l’étude des flux, les caractéristiques environnementales et urbaines du territoire ainsi que les échanges avec les différents acteurs concernés. « Chaque commune a ses propres contraintes et ses propres priorités. Notre rôle est de partir de cette réalité locale pour construire une démarche qui soit utile et directement exploitable par les équipes communales », explique Lea Jemming.
Anticiper aujourd’hui
pour mieux protéger demain
La résilience territoriale ne consiste donc pas à prévoir un seul scénario. Elle consiste à donner aux communes les moyens de faire face à des situations multiples, parfois imprévisibles, tout en maintenant les fonctions essentielles du territoire.
Du risque d’inondation aux fortes chaleurs, de la gestion des eaux aux perturbations des réseaux, des flux de mobilité aux cyberattaques, les enjeux sont nombreux et souvent interdépendants. « Les risques évoluent, les territoires évoluent et les usages évoluent. La résilience doit donc elle aussi être une démarche évolutive, qui permet aux communes d’anticiper et d’adapter leurs réponses dans le temps », conclut Lea Jemming.
Pour Charles Olinger, cette capacité d’anticipation repose avant tout sur la connaissance : « Plus on connaît son territoire, ses infrastructures, ses flux et ses vulnérabilités, plus on est capable de prendre les bonnes décisions au bon moment. »
En mettant ses compétences en ingénierie, en mobilité et en aménagement du territoire au service des communes, Schroeder & Associés contribue à renforcer leur capacité à anticiper les risques, à prioriser les actions et à préserver le fonctionnement de leurs services essentiels face aux crises de demain.