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Vers des projets conçus pour durer, évoluer et se transformer

Face à la raréfaction des ressources et à l’augmentation des déchets dans le secteur de la construction, l’économie circulaire s’impose comme un levier structurant. Elle ne se limite plus à la gestion des matériaux en fin de vie, mais s’intègre dès la conception des projets, en repensant leur cycle de vie et en optimisant les ressources. Chez Schroeder & Associés, cette approche se traduit par la volonté de concevoir des ouvrages sobres, adaptables et réversibles, tout en intégrant les enjeux carbone et les contraintes techniques propres à chaque projet. Elle implique également de questionner les modes de conception traditionnels, en favorisant des solutions capables d’évoluer dans le temps.

« L’économie circulaire nous amène à repenser notre manière de concevoir. Il ne s’agit plus seulement d’optimiser un projet à un instant donné, mais de réfléchir à son évolution dans le temps. Cela change notre façon de travailler dès les premières phases », souligne Lynn Lecorsais, administrateur et chef de service Bâtiments et Ouvrages d’Art.

Des principes modulaires
et démontables…

Le projet du Hall des Régies à Bettembourg, destiné aux services techniques communaux, illustre cette démarche. Conçu selon des principes modulaires et démontables, il limite son impact environnemental à chaque étape. Le choix des matériaux, l’optimisation des assemblages et la possibilité d’adaptation et de démontage futurs permettent de changer l’affectation des espaces, de réutiliser les composants et de réduire les déchets. « Sur ce projet l’objectif était de concevoir un bâtiment capable de s’adapter dans le temps. Nous avons travaillé sur des solutions démontables et réversibles, pour que les bâtiments puissent être utilisés le plus longtemps possible et qu’en fin de vie, les éléments puissent être réutilisés ou transformés. Cela demande une vraie anticipation technique, mais c’est aussi ce qui fait la valeur du projet », précise-t-elle. 

Le bâtiment a d’ailleurs, en ce sens, reçu un Climate Star Award 2025 pour sa performance climatique tandis que la certification DGNB Gold est en cours de finalisation, attestant son niveau élevé de durabilité environnementale.

L’extension du centre omnisports Henri Schmitz à Esch-sur-Alzette, équipement dédié à la pratique scolaire et associative, traduit la même volonté. Le recours majoritaire au bois, matériau renouvelable et à faible empreinte carbone, réduit les émissions tout en garantissant des performances structurelles élevées. « Le choix du bois s’inscrit dans une réflexion globale sur l’impact des matériaux. Il faut aussi répondre aux exigences d’usage, de confort et de durabilité. C’est cet équilibre que nous cherchons à atteindre sur chaque projet », ajoute Lynn Lecorsais.

L'économie circulaire s’inscrit
dans une approche intégrée

Au-delà de ces projets, l’économie circulaire s’inscrit dans une approche intégrée, mobilisant l’ensemble des expertises du bureau. Collaboration entre ingénieurs, experts environnementaux et spécialistes des données, anticipation des flux via BIM, optimisation des choix techniques : tout contribue à renforcer la performance des infrastructures. « Aujourd’hui, notre rôle ne se limite plus à concevoir des structures performantes. Nous devons intégrer les enjeux environnementaux et climatiques à chaque étape. C’est une évolution profonde du métier, mais aussi une opportunité d’apporter plus de valeur aux projets », conclut Lynn Lecorsais.

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Photo : Made Creative